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AI

Posté le 03 Octobre 2016
Tags : Alan Turing, intelligence artificielle, homosexualité, anticipation, SF



L’émouvant film de Steven Spielberg (à côté de celle du jeune héros, enfant robot conçu pour aimer, l’interprétation stupéfiante de Jude Law en gigolo cybernétique) est repassé récemment à la télévision; les derniers grands rassemblements informatiques s’enthousiasment pour la réalité virtuelle, les voitures commencent à conduire toutes seules… Alors qu’il se réchauffe dangereusement, qu’éléphants, gorilles et baleines s’éteignent peu à peu, le monde est en train de basculer dans le numérique, le GPS et la WIFI ubiquitaires, l’impression 3D, les premières prothèses électroniques intelligentes.

Mais qui se souvient d’Alan Mathison Turing, Icare brisé par l’ostracisme d’une société d’après-guerre obsédée par la même chasse aux sorcières qui détruisit un autre homosexuel de génie, Oscar Wilde ? Il est d’ailleurs troublant que Turing, né avec le naufrage du Titanic (1912), ait croqué sa pomme empoisonnée au cyanure juste un siècle (1954) après la naissance de Wilde (1854).

David Lagercrantz, le journaliste qui a donné avec maestria un 4ème volet à la série de Stieg Larsson, prématurément disparu avant la publication du tome 3 de Millenium, a publié en 2009 un roman passionnant aux allures de thriller sur le suicide de Turing. Actes Sud vient de l’éditer en français et je vous le recommande.

Un peu à la façon de « l’amour au temps du choléra » de notre regretté Gabo, cette biographie romancée commence par une odeur d’amande amère, faisant de cette enquête imaginaire, une autre « Chronique d’une mort annoncée ».

On y redécouvre Le Turing de « Imitation Game », à la limite du syndrome d’Asperger, doublement contraint à la clandestinité par la condamnation infamante de son homosexualité et l’impossibilité de se réclamer de ce qui lui aurait valu la gloire s’il ne s’était agi de la seconde guerre mondiale : avoir brisé le code de la machine Enigma par laquelle les nazis transmettaient tous leurs messages secrets.

Turing jeta les bases de l’intelligence artificielle qui nous préoccupe tant aujourd’hui. En témoignent les autres films d’anticipation : « Her », « Automata », « Ex machina »… qui, plus subtilement que « Terminator », posent clairement le problème : si l’homme peut inventer une machine qui pense, où s’arrêtera-t-elle ?
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Saveurs d'Abyssinie

Posté le 29 Juillet 2016
Tags : Ethiopie, Corne d'Afrique, Paris, restaurant



Une ambiance de village, rue de l’Arbalète, entre la rue Monge et la rue Mouffetard, des tables en terrasse qui volent au secours d’une salle petite mais sympathique, et c’est un lumineux sourire amharique qui vous accueille.

Si vous avez comme moi la nostalgie du pays de la reine de Saba et de cette envoutante corne d’Afrique où j’eus jadis le privilège d’exercer mon art, et si relire Hugo Pratt ou Henri de Monfreid ne suffit plus à combler ce « Fernweh », ou si encore vous êtes simplement curieux de tout, allez y goûter l’incomparable saveur de la nourriture Éthiopienne.

Vous resserrerez vos liens conviviaux autour du plat commun, en abandonnant à l’occasion vos couverts (occidentaux) ou vos baguettes (extrême-orientales) au profit de la saveur unique et aigrelette de l’Injera, la crêpe de Teff qui tient lieu tout à la fois de plat, de cuillère et de pain.

Puis, selon votre humeur, vous déambulerez paresseusement le long de la rue Monge, vous flânerez peut-être dans les serres tropicales du jardin des plantes en rêvant de papillons exotiques et de guerriers danakils ou vous resterez déguster sagement votre bouteille de Saint-Georges.

L'autre coup de cœur Éthiopien : le Godjo, à deux pas du pendule de Foucault
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Une autre page de musique

Posté le 01 Juin 2016
Tags : Art, musique, Maxime Le Forestier


Poupée de cire, poupée de son, Serge Gainsbourg, pour France Gall qui gagne le grand prix de l'Eurovision en 1965.

L'oiseau et l'enfant Marie Myriam remporte le concours en 1977.

La poupée de Maxime Le Forestier (1975).

Puerto Rico Vaya con dios 1988


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Pour partager

Posté le 26 Avril 2016
Tags : Disparition, Martin Gray, Treblinka



Il y a 40 ans, à La Rochelle, où je vivais à l'époque,
Martin gray m'avait dédicacé son livre "Au nom de tous les miens".
Il avait écrit simplement : "à Georges, pour partager".

Sa disparition à l'âge de 93 ans me touche profondément.
De lui, j'ai retenu cette phrase de son père :
"la première chance, Martin, ne laisse jamais passer la première chance",
qui avait fait de lui un des très rares survivants de Treblinka,
et la nécessité, comme Léon ou le petit prince,
de toujours prendre le temps de s'occuper d'une plante ou d'une fleur...
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Décidément cette journée est particulière

Posté le 20 Janvier 2016
Tags : Ettore Scola, cinéma, disparition, Mastroiani, Sophia Loren, fascisme



Pas un jour sans qu'un grand ne disparaisse...

Pour ma part, c'est "une journée particulière" qui reste mon film culte d'Ettore Scola. Sophia Loren et Marcello Mastroianni m'y enchantent, sur fond terrible de fascisme ordinaire. Ce film "parfait" a quelque chose d'Hiroshima mon amour et cette ambiance ineffable du cinéma italien qui mêle ironie, gravité et tendresse.

En réalité, lorsque je pense au cinéma italien, j'ai une préférence secrète pour un film moins connu d'Ettore : drame de la jalousie, avec le beau Marcello et la non moins sublime Monica Vitti.
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